Inauguration du parking Corbier-Thiébaut

jeudi 6 décembre 2012
par  Société Historique de Gouvieux
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S’il ne s’agissait de ne parler que de l’inauguration d’un parking, très certainement nous ne le ferions pas ici. Mais quand le dit parking est baptisé d’un tel nom, cela mérite que l’on si arrête quelques instants et de revenir sur l’histoire de ce nom : parking Corbier-Thiébaut.

Il n’aura échappé à personne que ce nom avait déjà été utilisé pour le nom d’une rue du centre-ville, qui part de la mairie, qui passe autour de la place de l’église pour rejoindre Chaumont.

La rue Corbier-Thiébaut
(La flèche rouge indique l’entrée du parking.)

Les plaques de la rue Corbier-Thiébaut

Le parking a été inauguré le samedi 24 novembre 2012. Monsieur le Maire lors de son discours donna quelques explications concernant le nom de ce parking et de la rue.

Le discours de Monsieur le Maire

L'inauguration

Revenons maintenant si vous le voulez bien, sur l’histoire qui nous intéresse : Corbier-Thiébaut.
Derrière ce nom se cache deux hommes. Deux résistants du groupe FTP (Franc Tireur Partisan) de Gouvieux morts suite à un acte de résistance le 13 novmbre 1943. Contrairement à ce qu’il y a d’écrit sur la plaque de la rue, ces deux hommes ne sont pas morts tous deux le 13 novembre, mais à quelques jours d’intervalle dans des conditions différentes.

L’histoire :

Le sabotage de Cauffry 13 novembre 1943

La ligne Paris-Amiens est sans doute celle qui a été le plus souvent sabotée, surtout le tronçon compris entre Creil et Clermont. Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1943, la brigade de gendarmerie de Liancourt, réputée pour être la plus répressive à l’encontre des résistants, intervient alors qu’une équipe de jeunes FTP vient de réaliser une action.

Le rapport de gendarmerie raconte :

"0h 22, les gendarmes Bon, Bourbion, Guillou et Rohart sont en embuscade au pont supérieur de la voie ferrée Paris-Calais, à Sailleville, après avoir constaté le passage d’une patrouille allemande sur la voie puis le passage d’un train de marchandises sur la voie droite en direction de Paris.
Vers 0H 50, ils entendent subitement un fracas continu, au nord et à 400 mètres environ du pont, au passage d’un train roulant vers Paris."

Les gendarmes constatent un sabotage au point kilométrique 56 400 sur le territoire de la commune de Cauffry. Quelques minutes plus tard au carrefour de Sailleville, commune de Laigneville, ils tombent nez à nez avec plusieurs individus. Selon le rapport l’un d’eux est capturé.

En fait, de violents échanges de coups de feu ont eu lieu, l’un des auteurs du sabotage, André Corbier est tué, un autre, Gilbert Thiébaut, grièvement blessé, est transporté à l’hôpital de Creil où il meurt le 19 novembre 1943.
Les gendarmes de Liancourt viennent de porter un coup sévère au groupe FTP de Gouvieux.
Gilbert Thiébaut, qui porte sur lui des papiers au nom de Claude Legrand, de Senlis, âgé de 26 ans, est en effet l’auteur de l’attaque de la mairie d’Angicourt le 26 août 1943. Menuisier, il est né à Gouvieux le 3 juin 1921, il porte le matricule FTP 1514 sous le pseudonyme de « Claude ».
André Corbier, magasinier, est né à Gouvieux le 5 août 1922, il porte le matricule FTP 1519, sous le pseudonyme de « Antoine » ou « Tonin ».

Deux autres « saboteurs » appartiennent au même groupe :
Maurice Andrivot, né à Méry-la-Bataille le 23 mars 1923, matricule 1515, pseudo « Jean », quitte le département après cette affaire pour participer à la Résistance dans les Landes.
André Lebret, est né le 11 juillet 1922 à Gouvieux, matricule 1516, pseudo « Émile » ou « Mimile », il poursuit son action au sein du détachement Valmy.

Selon le témoignage d’André Lebret, les autres participants sont Lucien Carré, fils de Henriette Carré qui héberge Corbier, Thiébaut et Andrivot, Lemaire, et un dénommé « Robert », originaire de Bretagne.
Les enquêteurs découvrent très rapidement que le militaire de l’Oise est « Albert » (il s’agit de Marcel Coene). Ils découvrent aussi que « Tonin », « Vincent », « Jean », « Robert » et « Émile » logent les uns à Cinqueux, les autres à Angicourt et Monceaux. Dans les jours qui suivent la planque de Corbier et Thiébaut, Henriette Carré, est arrêtée puis déportée.
Le chef du groupe de Gouvieux, qui est aussi le commissaire technique départemental, Dumont, doit quitter le département pour l’Eure-et-Loir.

Frédéric Gondron © Société Historique de Gouvieux - décembre 2012

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